VICTIME
DE LA CONCURRENCE DELOYALE ET DE LA PIRATERIE
MALI
K7 ET SEYDONI MALI FONT FAILLITE
Fousseyni J.W. Traoré et Philippe Berthier respectivement directeur
de Seydoni Mali et de Mali K7 ont invité la presse nationale et
internationale, mercredi 16 mars 2005, au siège de Mali K7, à
Quinzambougou. Beaucoup d’artistes comme Mariétou Diabaté,
Idrissa Soumaoro, Amkoullel, Mamou Sidibé et des producteurs étaient
présents à cette séance d’explication annonçant
aux journalistes la fermeture des deux structures de duplication d’œuvres
musicales au Mali. Victimes de la concurrence déloyale et de la
piraterie, elles ont protesté de manière la plus officielle
contre le silence coupable des autorités politiques et administratives.
Fousseyni
Traoré et Philippe Berthier estiment que la contrefaçon
des œuvres intellectuelles ou la piraterie a atteint un seuil que
le Mali n’a jamais connu avant l’implantation d’unités
de production et de duplication musicales. Selon eux, une cassette produite
aujourd’hui se retrouve 24 heures après en quantités
industrielles dans les maisons pirates. Les causes portent sur l’existence
de petites unités clandestines et la copie artisanale des œuvres.
Seydoni
Mali et Mali K7 ont beaucoup investi (environ plus de 600 millions de
fcfa) pour la mise en route de leurs structures qui répondent à
toutes les normes internationales. Ces sociétés offrent
une soixantaine d’emplois permanents. Avec leur fermeture, ces responsables
de famille vont gonfler le rang des chômeurs. Et, on ne sait même
pas où les artistes maliens vont se produire.
«
L’ampleur de la situation ne nous permet plus de supporter nos charges
courantes à fortiori honorer nos engagements vis-à-vis des
impôts, de l’inps, et du Bmda. La situation est certes chaotique,
mais des solutions énergiques et urgentes demeurent : une volonté
politique manifeste, le changement de statut du Bureau malien du droit
d’auteur (Bmda), la mise à disposition des forces de sécurité
pour traquer les contrevenants et des opérations de saisie continue
des phonogrammes », propose le directeur général de
Seydoni Mali.
Un
regard sur les dépenses pour une production musicale permet de
se rendre compte que les maisons de production et de duplication ont du
pain sur la planche. Tenez-vous bien ! Pour faire une cassette, il faut
d’abord payer le cachet de l’artiste qui varie entre 500.000
fcfa et 3.000.000. Le studio d’enregistrement réclame entre
150.000 fcfa et 250.000 fcfa par jour. Les frais d’arrangement oscillent
entre 50.000 et 250.000 fcfa par titre et par album. Quant au cachet des
musiciens, il est entre 7.500 et 15.000 fcfa par musicien et par morceau.
Pou la réalisation de la vidéo, il faut casquer entre 350.000
à 2.000.000 fcfa.
En
tout cas, Seydoni Mali et Mali K7 sont décidés aujourd’hui
à aller jusqu’au bout afin de trouver des solutions idoines
pour sortir de l’impasse. Et pourtant, le ministre de la Culture,
Cheick Oumar Sissoko avait décidé un moment de lutter personnellement
pour éradiquer ce fléau. Il est même aller jusqu’à
dire que « si rien n’est fait, il va démissionner de
son poste de ministre ». On peut dire aujourd’hui que Cheick
Oumar a échoué dans sa mission. Alors qu’il rende
dignement son tablier.
Alou
Badra Haïdara
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