GOUVERNEMENT:
LE MINISTRE CHEICK OUMAR SISSOKO VA-T-IL ENFIN RENDRE LE TABLIER ?
Les
signes annonciateurs de la démission de Cheick Oumar Sissoko, ministre
de la Culture, se font déjà sentir. Sera-t-il courageux
cette fois-ci ?
En tout cas, le ministre malien de la Culture, Cheick Oumar Sissoko, en
se prononçant sur la piraterie courant 2004, avait promis de démissionner
si rien n’était fait dans cette affaire avant mi-novembre
de la même année.
Aujourd’hui,
l’histoire semble rattraper le ministre SADI. En milieu bamana,
on reconnaît bien cet adage comme étant une vérité
générale : « L’homme n’a pas de queue,
il n’a pas de crinière, le point de prise de l’homme
est la parole de sa bouche ». L’actuel ministre de la culture
est pris aux mots par les artistes et producteurs, victimes expiatoires
de la piraterie et de la concurrence déloyale. Déjà,
Seydoni Mali et Mali k7 ont fermé boutique pour dit-on piraterie
et concurrence déloyale.
L’information
a été donnée au siège de Mali K7 à
quinzambougou, lors d’un point de presse animée par les responsables
des deux structures, tout en attirant l’attention des autorités
et l’ensemble des consommateurs maliens sur leur douloureuse situation.
D’autres groupes de production et non des moindres sont sur la ligne
rouge. En tout cas, ces derniers temps, la piraterie a gagné en
puissance dans notre pays.
Une
chose est de promettre quelque chose une autre est de l’exécuter.
Le ministre CHEICK Oumar Sissoko aura-t-il le courage de jeter l’éponge
cette fois-ci ? Ce n’est nullement pas chose facile surtout quand
on goûte aux délices du pouvoir. Dans tous les cas, nous
sommes dans une société où la parole revêt
d’une importance capitale. La sagesse d’un homme se reconnaît
à travers le respect de sa parole donnée.
Sans
mot dire, artistes et producteurs interpellent le ministre de la Culture
sur le danger qu’ils courent tous les jours. Le gouvernement, par
son laxisme dans la lutte contre la piraterie, l’a laissée
grimper sur la tête des artistes et producteurs. Le ministre se
sauvera-t-il de cet étau ?
Attendons
de voir.
Boubacar
KANTE
DANS
LES COULISSES DU POUVOIR - Rubrique du lundi – Par Mamadou DABO
Quand
Cheick Oumar Sissoko fait honte à son monde, celui des artistes
Grand
cinéaste et intellectuel confirmé, Cheick Oumar Sissoko
non moins ministre de la Communication a lamentablement échoué
dans son plan d’action de lutte contre la piraterie. Et nous l’interpellons
pour des raisons toutes simples.
Cheick Oumar nous intéresse à travers son parcours défi
à relever. C’est tout comme le Ministre de la Communication,
journaliste de son état. Et le Dr Choguel Maïga, héritier
du régime défunt et farouche opposant au pouvoir de Alpha,
qui se trouve aujourd’hui au gouvernement. La liste n’est
pas exhaustive.
Au
Mali, Cheick Oumar n’est pas seulement le grand cinéaste
et l’intellectuel, il est et surtout un porte drapeau du mouvement
démocratique. Hier au devant de la lutte contre la dictature à
travers ses activités cinématographiques en particulier,
ChEICK Oumar est également un promoteur de radio comme quoi, c’est
l’homme rompu dans la défense des libertés et des
droits dont la liberté d’expression et la protection des
droits d’auteurs. Sa nomination à la tête du ministère
de la Culture a donc fait nourrir beaucoup d’espoir. Et il a assaisonné
cet espoir en prenant l’engagement solennel de conjurer la piraterie.
Mais aujourd’hui, c’est la piraterie qui prend le dessus sur
Cheick Oumar.
En
vérité, le temps des actions d’éclat est révolu.
Brûler les cassettes piratées n’a jamais été
la solution à ce problème. Car les grands maîtres
de la piraterie sont des milliardaires qui ne lésinent pas sur
les moyens s’il s’agit de recruter des revendeurs ou de relancer
leurs représentants victimes de dégâts. De son côté,
le public malien, pauvre parmi les pauvres et donc difficile à
être convaincu de solidarité envers les artistes considérés
comme des nantis, ne se fera généralement pas prier pour
acheter les produits moins coûteux. Beaucoup disent d’ailleurs
que le son d’une cassette piratée est meilleur à celui
des cassettes d’origine. Toutes choses que le ministre devait intégrer
dans sa politique de lutte contre la piraterie. Et taper sur les criminels
tout en faisant savoir aux artistes que mieux vaut vendre cher mais en
quantité, que de vendre cher et alors peu. Mais hélas !
Depuis qu’il est ministre, Cheick Oumar est dans le registre de
ses devanciers : brûler les cassettes pour les besoins de la publicité
autour du ministre. Entre temps, les artistes se meurent. Les criminels
ne connaissent point le chemin des geôles. Or tout au moins, la
détention est une mesure assez dissuasive, en sus du paiement des
dommages et intérêts. Et dire que tout le monde gagnerait
à mettre sur le marché des produits moins coûteux.
Le ministre Cheick Oumar devait réussir sur ce terrain pas du tout
compliqué.
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